Après une première expérience en tant que styliste dans le prêt-à-porter, la céramique va s’imposer dans la vie de Katia Soussan, jusqu’à en devenir le moteur. Entre thérapie et méditation, Katia suit son instinct créatif et se voue au travail de la matière à travers lequel elle exprime sa sensibilité. Pas à pas, cette discrète va se faire une place sur le marché de l’art avec l'humilité qui la caractérise.
Katia Soussan
Katia, pouvez-vous vous présenter ?
Hello, je m’appelle Katia, je suis céramiste et également mère de quatre enfants. J’étais styliste dans le prêt-à-porter dans une autre vie ! Je suis avant tout créative, très sensible et une rêveuse inconditionnelle.
J’aspire à vivre à fond en écoutant mon cœur.
Votre mantra en décoration ?
La beauté dans la simplicité, le charme des objets qui ne sont pas parfaits, une belle lumière, des matières naturelles et des couleurs associées de façon inattendue. Bon, il est un peu long ce mantra ;)
Le bon goût,
qu’en pensez-vous ?
Le bon goût est une notion très subjective et évolutive.
Si vous étiez une pièce
de la maison ?
Je serais la cuisine, lieu convivial et chaleureux qui accueille nos rires, nos joies et nos confidences, lieu de partage et d’échanges furtifs.
Le top 3 de votre bucket list ?
Marcher sur la passerelle d’Holzarte, suspendue à 180 mètres d’altitude, avec ma tribu qui, elle, ne rêverait que de siroter des cocktails dans la piscine d’un hôtel 5 étoiles en me disant que je suis de plus en plus perchée !
Toujours m’émerveiller devant les choses simples de la vie, comme le parfum des orangers qui embaument lors d’une promenade dans les jardins de la Mamounia à Marrakech, rien que ça !
S’imposer une fois par mois une journée entièrement dédiée à ce qui nous rend heureux en laissant de côté toutes nos contraintes et obligations : exit les devoirs, les repas à faire, la paperasse, les corvées ménagères…
Si vous étiez un artiste ?
Je serais Françoise Sagan car elle était profondément libre, généreuse et vivait à mille à l’heure !
Votre projet de rêve ?
Prendre une année sabbatique avec toute ma famille dont ma mère (que je n’ai pas vue depuis un an et demi) et parcourir le monde. Sans oublier de marcher sous les cerisiers, au Japon, au moment de leur floraison !
Votre obsession du moment ?
Le bonheur ! Fréquenter des personnes qui n’aspirent qu’à être heureux car le bonheur est contagieux !
Le monde de Katia
Comment en êtes-vous venue à la céramique ?
Styliste dans le prêt-à-porter durant une dizaine d’années, j’ai tout laissé tomber à la naissance d’Ely, mon quatrième enfant. La céramique est venue à moi alors que mon père quittait ce monde. Entre séances chez le psy et cours de céramique, le choix s’est vite imposé à moi. Au départ, c’était plutôt comme une thérapie !
La céramique a-t-elle changé votre vie ?
La céramique m’a aidée à ralentir, à m’ancrer dans l’instant présent. Grâce à elle, j’ai appris la patience. Cette activité présente un côté très méditatif. Elle invite à laisser aller ses pensées et à prendre le temps d’explorer au plus profond de soi. Elle apporte un certain lâcher-prise et me permet d’exprimer ma créativité et ma sensibilité. Ma relation avec la matière est profondément fusionnelle et passionnelle.
Quelle part prend la création dans votre vie ?
C’est un besoin vital pour moi : sans création, ma vie serait profondément ennuyeuse ! Cela me booste et me stimule.
Quel est le rôle de la couleur dans vos mises en scène ?
Lorsqu’on observe mon feed Instagram, on pourrait croire que j’aime surtout le blanc, les beiges, les tons neutres. Mais j’aime également les terres, les tons sourds, grisés, certains verts, certains bleus, les nudes... Ce qui m'importe surtout, c’est la façon dont on associe les couleurs. La couleur joue d’ailleurs un rôle important dans mes mises en scène. Elle met mes céramiques en valeur, en lumière. Elle évoque des émotions et crée précisément une atmosphère : elle donne le ton.
Pour moi, la matière et le jeu des textures sont aussi importants que la couleur.
Quelles sont vos principales inspirations ?
L’inspiration se déclenche souvent de façon hasardeuse. Il m’est difficile d’expliquer pourquoi j’ai envie de réaliser tel ou tel objet, d’associer une couleur avec une autre… Je pense qu’inconsciemment je peux être influencée par une expo à laquelle j’ai assisté (par exemple Les Nabis au musée du Luxembourg ou Hammershoi au musée Jacquemart-André, les dernières en date !), des formes organiques, la nature, le parfum des fleurs, un voyage ou encore tout ce qui a bercé mon enfance. Je suis très perméable à ce qui m’entoure.
Que vous inspire l’univers du Monde Sauvage ?
Je pense qu’on ne peut rester insensible à l’univers de Béatrice ; elle parvient avec une certaine aisance à faire des mélanges heureux de motifs, papiers peints, textiles. Dans son univers très riche, tout se coordonne mais de façon inattendue, avec un côté bohème.
Lin, tapis, coussins : les différents imprimés du Monde Sauvage s’associent à merveille avec mes céramiques, créant une opposition de textures qui étonne et attire. J’aime cette beauté liée à la profusion des matières et des couleurs.




